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Desserte aérienne des Marquises : turbulences entre Air Tahiti et le Pays

Après la fermeture, le 17 mai dernier, de la desserte aérienne de Ua Huka et Ua Pou par la compagnie Air Archipels, filiale d’Air Tahiti, le gouvernement laisse paraître son exaspération.

Air Tahiti vient de recevoir un courrier de son ministre de tutelle, en charge des transports interinsulaires, lui enjoignant « de respecter les termes de l’arrêté du Conseil des ministres du 16 février 2018 portant octroi de licence de transporteur aérien et donc de respecter l’engagement de desservir ces deux destinations sans délai. »

Dans un communiqué diffusé ce lundi, on apprend que le ministère a été informé par téléphone de « l’arrêt brutal, arbitré unilatéralement et sans préavis » de la liaison par Twin Otter. « Cette décision surprenante viendrait s’appuyer sur les éléments d’un rapport du service d’État de l’aviation civile (SEAC) de janvier 2019, au motif d’une appréciation des risques élevés de sécurité, plus de 4 mois après son édition. »

Pas de « risques majeurs »

Le Pays se déclare surpris , car les risques identifiés par le SEAC ne sont pas qualifiables de « majeurs », c’est à dire « susceptibles de motiver la fermeture immédiate des aérodromes. » Une réunion avec les experts de la Direction de l’aviation civile et du Service d’État de l’aviation civile, a confirmé vendredi dernier qu’il ne s’agissait pas de risques majeurs.

Des « mesures correctives » ont été prises à Ua Pou, indique le gouvernement : élagage d’arbres trop hauts, interdiction de circulation et de stationnement à certains endroits pendant les mouvements d’avion, renforcement d’une buse d’évacuation en attendant une étude plus poussée sur les eaux pluviales. À Ua Huka,  Air Tahiti a semble-t-il des réserves sur le relief en bout de piste. Un géomètre a été mandaté pour effectuer de nouveaux relevés. Mais ces reliefs sont les mêmes qu’en 1970, année de construction de la piste. Et, rappelle le Pays, les pilotes d’Air Tahiti ont passé « une qualification pour pouvoir piloter dans ces conditions spécifiques. »

Pour le Pays, les mesures prises permettent de lever « tout obstacle administratif, technique ou de sécurité à l’exploitation de ces deux aérodromes.  Les conditions sont désormais réunies pour reprendre le service des vols sur Ua Pou et Ua Huka. »

Un conflit larvé entre Air Tahiti et le Pays

La desserte aérienne de Ua Pou et Ua Huka, qui totalisent 2 973 habitants,  concerne 9 800 passagers par an. L’exploitation de ces lignes est notoirement déficitaire.

Pour rappel, cet accrochage entre le Pays et Air Tahiti survient alors que les obligations de service public attendues depuis 2016 ne sont toujours pas définies par la loi. Ce texte, qui nous assure-t-on est « pour bientôt », doit pallier l’absence de convention sur les lignes déficitaires. En attendant, Air Tahiti et le Pays s’affrontent au tribunal : la première réclamait du second une compensation pour l’exploitation de ses lignes déficitaires de l’ordre de 180 millions de Fcfp par an. Air Tahiti avait été débouté par le tribunal administratif de Papeete en février 2018, mais a fait appel de cette décision.

Concernant la desserte des deux petites îles marquisiennes, « si les choses ne rentrent pas dans l’ordre, a confié le ministre en charge Jean-Christophe Bouissou à Radio1, je demanderai à réunir un conseil d’administration extraordinaire. »  La Polynésie française détient 14% de cette société anonyme.

 

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1 Commentaire

  1. PAT
    28 mai 2019 à 7h44 — Répondre

    après les sages femmes qui prennent nos femmes enceintes pour des otages afin d’obtenir des frais de déplacement supplémentaires voici air tahiti qui fait de meme pour toucher de l’argent du pays ( peut etre que c’est justifié ) ou qui se prépare à l’arrivée de ISLAND
    FIU FIU et on veux que les gens rentres dans les archipels
    DÉPARTEMENTALISATION ALLEZ LES ELUS DES MARQUISES UN PEU DE COURAGE

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