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La grève générale pourrait démarrer jeudi prochain

Cinq centrales syndicales – CSTP-FO, CSIP, O Oe To Oe Rima, Otahi et la Fédération de la manutention portuaire – ont signé vendredi après-midi le préavis de grève générale en protestation contre la gestion de la crise sanitaire par les autorités. La grève pourrait démarrer jeudi prochain, si la rencontre prévue mercredi avec le Pays et l’État n’apaise pas les représentants des salariés.

Les syndicats, à l’exception notable de A Ti’a I Mua qui ne s’était pas non plus associé à un premier round de discussions le 12 août dernier, ont signé vendredi un préavis de grève générale qui prendra effet jeudi 3 septembre s’ils n’obtiennent pas gain de cause. Ils estiment que la sécurité sanitaire est « sacrifiée », et « compromet les objectifs de croissance et de justice sociale ».

Ils demandent, entre autres revendications, un renforcement des contrôles à Tahiti-Faa’a (vérification des documents médicaux, dépistage obligatoire, caméra thermique), suivi d’une quatorzaine stricte, en centre dédié, pour tout arrivant en Polynésie française quelque soit son statut professionnel ou son lieu de résidence. Des mesures à l’efficacité marginale, selon un médecin, à présent que le virus circule activement parmi la population. Et qui occultent le fait que le Conseil constitutionnel a déjà rejeté l’imposition d’une quatorzaine hors du domicile, à la suite de quoi des recours devant le tribunal administratif de Papeete avaient obligé le Pays à l’autoriser. Toutefois, en Nouvelle-Calédonie, plusieurs recours contre la quatorzaine en site dédié n’ont pas abouti.

Les syndicats demandent également de rendre le masque obligatoire « dans tous les lieux hors du domicile »  sans les distinctions qui ont été introduites par l’arrêté publié jeudi. Y compris dans toutes les écoles, où les syndicats veulent aussi voir des contrôles de température, des demi-classes de 15 élèves maximum dans tous les cycles, plusieurs services dans les cantines, et la fermeture complète des établissements dès lors que des cas positifs au covid-19 touchent plus de deux classes. Ils demandent aussi la distribution gratuite de masques à tous les élèves et étudiants de Polynésie.

Des masques qui devront également être distribués gratuitement aux personnes nécessiteuses, et dont les prix de vente devront être « contrôlés », « pour éviter la flambée des prix ». Rappelons que depuis la fin du mois de mars, les marges des masques et gels hydroalcooliques sont déjà plafonnées. Le gouvernement, par la voix du ministre de la Santé, avait récemment exclu la gratuité des masques.

Pour le monde du travail, les syndicats réclament la prise en charge des salaires « par les autorités du Pays et de l’État » des salariés placés d’autorité en isolement. Et la mise en place d’une caisse de chômage, là aussi déjà exclue par le gouvernement.

Le préavis de grève ne précise pas jusqu’à quand les syndicats souhaitent voir ces mesures appliquées.

Une rencontre entre les syndicats et les autorités du Pays et de l’État serait prévue mercredi prochain.

 

 

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1 Commentaire

  1. Patrick Fincker
    29 août 2020 à 16h21 — Répondre

    Je me demande si cette grève est simplement légale. Les revendications ne concernent pas directement les travailleurs. La critique porte sur une politique publique. En France, il me semble qu’une telle grève serait considérée comme illégale.
    De toute manière, les syndicats ne semblent pas très solidaires avec les travailleurs qui les ont élus, qui, eux, ont besoin de nourrir une famille, envoyer les enfants à l’école ou prendre soin de leurs parents.
    Je comprends leurs préoccupations, mais ce n’est pas aux syndicats, mais éventuellement à l’opposition politique de se mettre avant. Chacun son rôle!

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