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« Les jeunes m’ont prouvé qu’ils sont capables de perpétuer la tradition »

© Élodie Largenton

C’est sur un titre que Makau Foster prend sa retraite. Tamariki Poerani a remporté mercredi soir le grand prix du Heiva 2017 en hura tau avec son spectacle Tematakaureka. Le thème du spectacle fait écho à l’objectif poursuivi par Makau Foster : la transmission des savoirs. La chef de groupe quitte la compétition avec le sentiment du devoir accompli : « La transmission a été faite comme il faut. »

Tamariki Poerani est le grand gagnant du Heiva 2017. Le groupe de Makau Foster remporte le prix Madeleine Moua pour son spectacle Tematakaureka. Un hommage aux femmes, à celles qui ont dédié et dédient leur vie à l’éducation de la jeunesse, à l’enseignement des valeurs et à la transmission des savoirs. Une belle manière pour Makau Foster de tirer sa révérence et de passer le flambeau à sa fille, avant de prendre sa retraite aux Tuamotu.

Makau Foster continuera à « aider » ces jeunes, mais elle ne sera plus présente qu’à « 10%, alors que eux seront à 100% ». Près de trente ans après avoir pris la direction de Tamariki Poerani, elle cède les clés du groupe à sa fille, Kohai pour partir aux Tuamotu. « Je veux aller pêcher et terminer ce que j’ai commencé à écrire tranquillement », explique Makau Foster, pour qui la décision n’a pas été facile à prendre. « Ça fait trois ans que je me prépare mentalement à partir à la retraite, c’est difficile, c’est quelque chose que j’ai dans la peau… Ça fait mal je crois même avoir eu un début d’ulcère tellement c’est intense », confie la chef de groupe.

Chez les amateurs, c’est un tout jeune groupe, Nuna’a e Hau, qui est sacré. Cette troupe a été lancée en début d’année dans la commune de Faa’a, sous l’impulsion du tavana Oscar Temaru. Très dynamique, la troupe s’est approprié le thème écrit par John Mairai, Peuple et nation. « Un texte épique, avec beaucoup de rythme et beaucoup de poésie », précise l’auteur.

John Mairai remporte le prix de meilleur auteur pour ce thème. En tout, la troupe Nuna’a e Hau glane six prix, dont deux pour ses danseurs. Dans la catégorie meilleure danseuse, justement, c’est Hauhani Taputu de Teva i tai qui remporte le premier prix. Elle a 20 ans, et elle pratique la danse tahitienne depuis qu’elle est toute petite. « Encore sous le choc » de l’annonce de sa victoire, elle salue l’une de ses profs de danse, Heirani Salmon.

Ce Heiva 2017 s’achève donc et pour le vice-président du jury, Moana’ura Teheiura, le bilan est « positif, il semble que tout le monde soit ravi de l’annonce des prix ». Cette année, un gros travail d’information a été fait auprès des troupes : « On a été très bienveillant, on a rencontré les chefs de groupe plusieurs fois. Avant tout, nous œuvrons pour la même culture », souligne le vice-président du jury.

La soirée des lauréats a lieu vendredi soir à To’ata, à partir de 18h. Les billets sont en vente à la Maison de la culture – Te fare tauhiti nui, et en ligne sur www.heiva.org. Samedi soir aura lieu la soirée Taupiti avec les deuxièmes et troisièmes meilleurs groupes de danse des catégories hura tau et hura ava tau.

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